Manifeste pour le pape François

Le Pape François-Cet homme-là est pour l’Eglise une manifestation de la bienveillance de Dieu pour son Eglise. Jean-Paul II, saint Jean-Paul II maintenant, était le pasteur fort, celui qui donnait une direction après les remous post-conciliaires. C’était, comme allaient le dire tous les observateurs contemporains, un pèlerin, se mettant en route aux quatre coins du monde, prêchant, rencontrant, célébrant, reprenant parfois. Benoît XVI, à défaut d’être le pasteur fort et puissant qu’était son prédécesseur, fut et reste l’enseignant, le pédagogue, le maître infuseur de la Doctrine. Le pape François, n’en déplaise aux rabat-joie, est lui-même le pasteur par excellence, le berger faisant paître ses brebis que sont les fidèles, dans le pré toujours vert de la charité, de la foi et de l’espérance.  Ce bon pape n’est pas naïf. Il sait que les loups non seulement attaquent l’Eglise de l’extérieur, mais aussi de l’intérieur. Il est pour eux sans concession. Comme Jésus prêt à user du fouet qu’il confectionne au Temple de Jérusalem, François use de la violence des mots pour exprimer son indignation contre ces loups. Les prises de parole du souverain pontife sont nombreuses à ce sujet, et on pourrait les compiler dans un livre qui, je crois, ferait florès.

François est l’homme de l’action. Ce jésuite est un bon fils de saint Ignace. Quand tant d’autres dans l’Eglise, et notamment au sein de la Compagnie de Jésus, avaient suivi le courant progressiste mièvre,  plombant l’Eglise au sortir du Concile, lui restait sur sa ligne, fidèle à l’Evangile et à la Doctrine catholique engendrée dès les origines. On sait que son humilité (son « équation personnelle » diraient certains) a séduit les cardinaux qui l’ont élu. Bien que ce ne soit pas, évidemment, la seule raison de son élection, on peut gager que cette charité du cardinal Bergoglio et la joie de servir le Christ qui en découlait, a dû être déterminante pour des cardinaux qui, sauf à quelques tristes exceptions près, aiment l’Eglise et veulent le meilleur pour elle.

François a du tempérament (il me semble que c’est une des caractéristiques jésuites) mais il n’écrase pas, il attire. Il creuse un sillage après que saint Jean-Paul II ait fendu le mur de glace et Benoît XVI orienté le gouvernail. François met les voiles à l’Eglise tandis que l’Esprit Saint souffle au-dedans. Mais dans les flots agités du monde, au milieu des remous qui menacent la barque de Pierre, François tient bon, admirablement bien même, il est bien à la manœuvre, il marque par sa fermeté les forts, réconforte les petits. Il prêche la saine Doctrine, celle de l’Evangile, la totalité de l’Evangile, même dans ce qu’elle a de dure et d’exigeant, pas uniquement l’Evangile du « Aimez-vous les uns les autres » que l’on a détourné de la fin de la phrase en l’éculant de son sens profond : « … comme je vous aimés ».

Car François, comme son modèle saint François d’Assise, sait que son Seigneur l’a aimé jusqu’à mourir sur une croix, donnant jusqu’à la dernière goutte de son sang pour le libérer du malheur et du péché. Du Mal, en un mot. François le sait bien, ce n’est pas pour rire que son Seigneur l’a aimé et l’aime encore, jusqu’à mourir abandonné des hommes.

François porte la Croix, on le sent, on le voit, quand tant d’autres papillonnent ou se contentent de gérer le tout-venant dans l’Eglise. François n’est pas un gestionnaire, un administrateur, c’est un chef qui sait se faire aimer et susciter l’enthousiasme de ceux à la tête de qui il est.

Il n’apprécierait pas ces quelques lignes écrites sur lui. Car François est plus profond que cette prose restant forcément extérieure à son for intérieur et par là-même inachevée. Mon ton est encore trop profane pour caractériser François. Cette prose manque de tendresse. J’aurais volontiers présenté François comme un condottiere[1]. Je garde  en effet en tête la merveilleuse image du tempérament de feu du condottiere du film Mission (interprété magistralement par Robert de Niro, en seigneur espagnol). Mais François, tout sud-américain qu’il est, est plus qu’un condottiere converti : c’est un condottiere de la charité qui demande qu’on prie pour lui.

[1] Emprunté à l’italien condottiere, -i , « chef de mercenaires », par emploi métonymique du sens « action de conduire [des troupes] », participe passé féminin substantivé de condurre (conduire).

Le Chinois, face lisse et sourire figé ?

Le Dit de TianyiOn attend des Chinois qu’ils aient la face lisse et le sourire figé en permanence. Cette observation de Tianyi, le héros du livre de François Cheng, nous fait sourire mais dit surtout à quel point l’auteur a su rentrer dans nos mentalités. Mais ce n’est pas l’humour qui constitue la plus grande qualité de cette oeuvre.

François Cheng est un Chinois qui écrit en français, membre de l’Académie française ; il a fait le choix de notre pays et nous en sommes honorés : son premier récit, Le Dit de Tianyi (1998), dont le titre désigne au Moyen-Âge une oeuvre lyrique et narrative, présente l’histoire d’un artiste chinois, que son itinéraire amènera de Chine en France et de France au nord de la Chine, dans les camps de travail, non loin de la Sibérie. En plus d’être un véritable document historique, ce livre est une réflexion sur l’amitié et l’amour, la famille et l’art, ainsi que sur la formation et l’affirmation de la personne. Loin d’être une méditation taoïste difficile à pénétrer, comme les détracteurs de cet auteur le lui reprochent, ce livre nous emmène dans le voyage intérieur d’un homme qui cherche à correspondre à chaque instant au destin qu’il s’est choisi: celui d’artiste. Les deuils, les maladies, les infidélités, la solitude de l’exilé, le totalitarisme : l’artiste n’a jamais été épargné et s’il semble perdre sa raison, sa mémoire demeure.

François Cheng, à travers ce personnage brisé, montre sa passion de la liberté et dans ce long récit, il cherche l’expression juste et poétique. Il n’échappe cependant pas à la tentation du roman-fleuve mais on lui pardonne : son personnage est fasciné par les fleuves ! Il nous fait découvrir la culture chinoise au point que, quand il lui arrive de former un alexandrin, le lecteur en éprouve un sentiment de dépaysement et une émotion proche du « Revenez-y ». Ce livre nous ramène à notre propre culture.

​ Bénédicte Vallançon

Quand tout est relatif…

La vie, un bien relatif ?Quand tout est relatif, rien n’est absolu. Aïe, aïe ! Cette lapalissade me semble bien improbable. Si tout est relatif, la vie est relative. Pourquoi donc les urgences se déplaceraient-elles sur les lieux d’un accident routier bravant les règles de la circulation pour sauver la vie palpitante d’un conducteur enfoncé dans son pare vitre ? Pourquoi tenter ce massage cardiaque dans cette chambre d’hôpital ce dimanche soir, pour sauver cet enfant au bord de la mort ? Et oui, nous le voyons avec ces deux exemples qui pourraient être multipliés dans beaucoup d’autres circonstances, sans absolu la vie perd son sens, sans absolu tout s’écroule. Sans absolu, ce conducteur malheureux resterait agoniser encastré dans son pare vitre, cet enfant s’éteindrait dans le silence de cette chambre pâle. N’est-ce pas l’absolu qui donne un sens aux choses ? N’est-ce pas l’Absolu qui fait se tenir les êtres ? Quel est cet Absolu ? Pour moi, je le dis sans vergogne, c’est l’Amour, car sans amour la vie n’a pas de sens et, si vous me suivez bien, l’absolu donne sens aux choses : conclusion l’Absolu c’est l’Amour et l’Amour n’est pas relatif : il est sacré.

Quand la fin justifie les moyens…

La fin ne justifie pas les moyens. C’est en tout cas ce que l’on dit pour contrer la vision machiavélique de la vie qui autorise à user de toute sorte de procédures, de moyens ou de comportements pour obtenir un résultat qui sans eux, même s’ils sont immoraux ou illicites, n’adviendraient pas. Ce contre-pied à cette considération erronée de la plus élémentaire justice en appelle un autre : celui de la Fin comme sens suprême de la vie.

Et oui ! Pourquoi ne pas affirmer tout net : la fin justifie les moyens… lorsque cette fin est le bonheur ? Ce n’est donc plus la (petite) fin, mais la grande : LA fin. Ne doit-on pas en effet, surtout quand on est à l’aurore de sa vie d’homme, prendre tous les moyens pour parvenir à cette Fin, le bonheur, auquel chacun est appelé ? Le premier moyen de parvenir à cette finalité n’est-il pas de cerner d’abord ce qu’est justement cette Fin, ce Bonheur suprême. Pour cela, chassons de nos esprits les sirènes du monde qui veulent que nous soyons chacun à nous-même, dans un esprit d’égoïsme éhonté, notre propre bonheur. Chassons de nos esprits ces sirènes du monde qui nous chante le culte du moi exalté dans le reflet narcissique de son égo. Car la fin suprême nous dépasse. Ou plutôt elle nous précède. Et le chemin qui mène à elle passe par l’altérité. Prenons donc les moyens de discerner

Tiens ton poste !

Puisqu'il fait bon vent !Babord ou à tribord ? Ni l’un, ni l’autre, tous sur le pont pour guetter l’horizon. Pour le bateau France, il s’annonce bien sombre, cet horizon. Tant de tumultes politico-médiatico-financiers l’ont chargé de gros nuages lourds d’orages. Rien à l’horizon, si ce n’est la tempête. Rien, aucun signe de lueur à présent, si ce n’est la barque de Pierre, le phare de Rome. Mais n’est-ce pas dans la tempête que le capitaine prend toute sa dimension ? N’est-ce pas quand grondent l’orage et les premières fureurs de la tempête, qu’il est là pour rassurer son équipage ? N’est-ce pas l’épreuve qui prouve la valeur des matelots. Toi, le matelot français qui lit ces lignes, ton coeur est sombre devant l’horizon sombre ? C’est normal, c’est humain. C’est que tu as un coeur bien vivant par lequel passent naturellement les flots de l’angoisse et de l’appréhension. Regarde ton Capitaine, il est là, au plus profond de ce coeur que tu sens palpiter en toi tandis que le vent commence à former de lourdes vagues. Tiens bon ! Ce Capitaine a connu bien des tempêtes avant toi, il a même connu la Tempête Suprême, et s’en est sorti victorieux. Écoute-le et prends ton poste, si tu es attentif à ses ordres, tu t’en tireras, avec quelques blessures, peut-être (le bateau peut si vite tanguer), mais avec l’immense joie du Rivage atteint une fois la Tempête surmonté. Tiens bon, matelot, c’est ton honneur d’être à ton poste au lieu de te jeter désespérément !

Ayez une parole libre, levez-vous !

Au nom de la liberté

Au nom de la liberté, nous appelons toutes les personnes de bonne volonté à participer à ce blog. Nous nous réservons, vous le comprendrez, la liberté de publier vos propos ou autre tribune. D’abord en fonction du style simple et efficace de votre réflexion. Rien de pire pour quelqu’un qui écrit, de vouloir se mettre en avant avec un style ampoulé ou de vouloir se faire plaisir au lieu de faire plaisir au lecteur. Donc la consigne est la suivante : simplicité, simplicité, simplicité !

Autrement dit, la contribution pour être efficace et lue doit être courte. Nul besoin donc de grande démonstration ou d’argumentaire serré : la légèreté, sans rien ôter à la profondeur ou à l’exactitude doit être de mise.

Enfin, et ce n’est pas rien (pour ne pas dire essentiel), votre article ne doit pas sortir, on pourrait dire d’une certaine éthique, du bon, du bien, du vrai, même s’il peut être critique et même violemment critique, pourvu qu’il soit constructif et original.

Tout ce qui contribuera à l’approfondissement des débats actuels, à la recherche de solution et de remèdes au triste déclin de notre pays sera bienvenu.

A bon entendeur, salut !

Appel à journaliste en herbe ou en puissance

Genèse du blog

Nous ne partons de rien pour monter ce blog. Que notre plume, notre bonne volonté, notre temps, notre idéal (nous en avons à revendre mais si nous sombrons dans l’idéalisme, les esprits lucides ne manqueront pas, pour notre bien, de nous le rappeler) et notre incroyable envie de reconquérir le champ culturel en France. Bien audacieux penseront nos lecteurs… Et nous leur donnons raison. Mais comme le disait, je crois, Guillaume d’Orange, « il n’est nul besoin d’espérer pour entreprendre ». Alors, allons-y, jetons nous dans ce combat culturel et faisons-y nos armes et nos preuves. Le danger ? Faible, si ce n’est perdre notre temps et passer pour de doux rêveurs. L’idéal ? Créer un mouvement, une dynamique. Mettre la locomotive en marche et tirer les wagons de la pensée profonde, bonne et féconde. A partir de la vérité, enclencher une lame de fond qui renversera les digues les moins fermes du mensonge et de l’hypocrisie ambiante et contournera, pour ébranler leurs fondements, le béton armé de l’argent et des solidarités corrompues.

Chiches ? Partants ? Alors écrivez-nous ! Aidez-nous ! Contribuez à l’alimentation du site ! Faîtes-nous part d’infos, de nouvelles, d’initiatives bonnes et porteuses d’espérance, de projets, envoyez-nous des images, des photos, des dessins, des vidéos, relayez-nous, notre site, nos articles, nos coups de gueules, comme nos « coups d’espérance », partagez-nous, parlez-nous et parlez de nous ! C’est à cette condition que nous percerons sur la Toile et pourrons nous développer, gagner des lecteurs, toucher nos concitoyens, émerger au sein du paysage médiatique et culturel français !

Allez, du nerf, pardi ! Au diable la tiédeur : avançons soudés, solidaires, vers tous ceux dont le ciel est assombri et qui ont perdu parfois jusqu’au sens de leur vie.

Allez, zou*, du vent !

Un immense vent doit souffler sur notre pays qui crève d’asphyxie. Asphyxie politique, sociale, économique. Religieuse ? Peut-être pour cette dernière, si on en juge par la bureaucratisation de l’Eglise catholique et de ses structures.

Revenons à ce vent frais et pur auquel nous espérons, nous les parisiens stressés, qui monopolisons sans doute à outrance l’énergie de la France. C’est peut-être le fruit de la République jacobine mais c’est un simple constat facile à faire au demeurant.

Oui, qu’un grand vent, qu’un air pur et frais tombe sur notre pays et par sa puissance balaie les miasmes de nos élites si décevantes. Que son souffle disperse au loin ceux qui étouffent la France et par leur incompétence et leur bassesse ruinent l’avenir de notre peuple. Un grand vent, dis-je !, un air frais pur et sain qui nous rajeunirait et permettrait à notre terre de France de respirer à nouveau.

Du souffle pour balayer les mauvais épis qui tapissent notre terre !

Sans doute sont-ce les propos d’un parisien d’adoption (un provincial ou un rural ne se retrouverait sans doute pas dans ces lignes), mais ils sont, je pense, partagés par beaucoup.

On étouffe dans ce pays, on ne peut plus penser et parler comme on le veut, et ce n’est que grâce à certains oasis, ici ou là, et par le champ pour l’instant libre d’Internet, qu’on peut encore librement (d’une liberté toute relative qui ressemble à celle de celui qui s’enferme dans son garage pour ne pas être surpris dans la rue) s’exprimer. Le pluralisme, la tolérance, la liberté d’expression, tous ces mots usés jusqu’à la moelle, et revendiqués par le Camp du Bien, finissent dans une putrissure éculée. Bah, après tout, quand la pensée devient idéologie et se fige, elle perd sa sève et finit par faner puis pourrir…

Allez, demandons Là-Haut que ça souffle, pas une tornade ou un cyclone car nous ne voulons pas de catastrophe ni de morts, mais ce vent frais du matin, ce « vent qui souffle au sommet des grands pins » comme le dit si joliment une chanson scoute. Alors, après le vent qui aura balayé les lourds nuages des pesanteurs politiques se lèvera un jour nouveau.

 

* Étymologie de « Zou » : (Date à préciser) De l’occitan provençal, onomatopée équivalent au français hop. Références : Gilbert Salmon, Le Parler du Lyonnais, Christine Bonneton Éditeur, Paris, 2010, page 216

 

Le grand Absent ? Ou le grand Présent ?

L’Amour est présence. L’amour est présence. L’Amour se réalise et se vit quand nous sommes conscients d’être reliés à un Tout-Autre qui n’est plus tellement ce Tout-Autre car il se fait notre ami, notre compagnon de route, de joie, de bonheur et d’infortune. L’amour, avec un petit « a », plus humain, plus commun, en tout cas plus à notre hauteur, est aussi une présence. L’amour de l’enfant pour ses parents qu’il voit présents à ses côtés, prêts à l’écouter, prêts à le consoler, prêts à le prendre par la main ou dans leurs bras pour lui faire voir les merveilles du monde, la beauté de la vie, les potentialités de la vie, les promesses de la vie. L’Amour, avec un grand « a », c’est la même chose, quand le Tout-Autre devient tout à soi, quand il se meut dans notre esprit, notre âme (allez, un petit effort s’il vous plaît, dîtes-vous bien que votre âme existe) et qu’il lui inspire les plus belles pensées qui soient réalisables. Il n’y a que le diable pour tenter de faire croire que le sublime est réalisable, il n’y a que l’Agneau pour mettre à portée, à portée possible, les biens les meilleurs. Cette présence de l’amour avec un petit « a » est encore plus éloquente lorsque deux êtres s’aiment et veulent s’unir pour la vie ou le sont déjà. Quand l’amour règne entre les deux, c’est la présence de l’un qui révèle à l’autre cet amour. C’est aussi son absence. Le poète ne le dit-il pas : « Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé » (Lamartine).

Oui, c’est presque une tautologie que de le dire mais je le répète: « L’Amour et l’amour sont viscéralement liés à une présence. » Et l’absence n’est qu’un révélateur de la présence.

Le christianisme est, dit-on, la religion de l’Amour. Soit, mais à condition qu’elle soit celle de la Présence. On ne comprendra rien à la religion chrétienne tant qu’on en fera un schéma intellectuel dans lequel il faut entrer. Le christianisme n’est pas une construction qu’on découvrirait par je-ne-sais quelle porte étroite ou qui échappe au regard, non, elle est la rencontre entre l’homme et son Créateur venu prendre chair, prenant la condition et le sourire d’un bébé et d’un enfant, avant qu’il ne devienne homme. Certains ont pu dire ou disent encore que la foi chrétienne est celle de la rencontre. Ils ont raison. Rien à mes yeux ne fonde mieux le christianisme que celle-là : le Tout-Autre présent au plus intime de notre cœur. « Dieu sensible au cœur », disait déjà Pascal il y a plus de trois siècles.

Les braises françaises

La France vit sur des braises. En a-t-elle conscience ? Des braises desquelles le feu du renouveau peut prendre. Ou celui du sinistre. Choisissons la flamme. Plutôt que la flemme. Cette belle flamme du cœur et de l’esprit. Donc prenons ces bonnes braises sur lesquelles le souffle et le vent peuvent (ré)allumer le foyer de jours heureux et prospères pour notre pays. Que diable sont-elles donc ces braises incandescentes ?

Ce sont ces œuvres si fécondes du passé transmises et éprouvées par les siècles, ces gestes, ces souvenirs, ces mémoires anciennes – mais à mes yeux actuelles et vivantes – qui mêlées, entremêlées, enlacées, contiguës ou continues, ont fécondé notre terre et lui ont donné toute sa sève, son suc, son miel, en un mot, ses lettres de noblesses.

Un Vincent de Paul qui, littéralement, a labouré notre pays de toute l’étendue de sa charité, fondant des œuvres sociales immenses aux nombreuses répercussions actuelles, n’est-il pas un géant qui peut aujourd’hui nous inspirer pour refonder notre pays comme tant de nos politiques et concitoyens y appellent à longueur de tribune médiatiques ? Nos bonshommes politiques, nos ténors intellectuels, nos ligueurs syndicaux, nos portes-paroles médiatiques et autres sirènes ne sont-ils pas minuscules comparés à ces géants de la foi, de l’espérance et de l’amour dont les vertus, à l’image de celles de M. Vincent, ont été absorbées au long des siècles par cette vieille terre de France ?

Sous la cendre, les braises...Ces braises, cher lecteur, ce sont donc non seulement toute cette sève, ce suc, je me répète à dessein, ce miel que butinent ou que pourraient butiner l’ensemble de nos compatriotes, et qui par-delà les malheurs inhérents aux siècles (aux guerres ou à la maladie) ont fait de notre pays le premier de tous par sa culture, ses arts, sa façon de vivre et de parler, sa gaieté, (la liste est longue et je m’y étendrai ultérieurement) mais ce sont aussi toutes ces bonnes actions discrètes, qui depuis des siècles et des générations, ont ensemencé le cœur des enfants pour leur léguer ce bel héritage moral qui s’appelle universalité.

Que le vent souffle sur ces braises et ranime la flamme du foyer français, c’est bien là tout notre espoir et notre espérance en ces temps nationaux terriblement moroses.

Haut les cœurs auraient dit nos anciens ! Allez, hauts les cœurs, reprendrais-je : qu’ils ne battent pas au gré des instants présents mais au rythme de l’éternité. C’est en pensant à cette éternité que nos aïeux ont bâti et fondé la France. C’est en ne l’oubliant pas que nous redeviendrons heureux.